Les Aciéries de Bonpertuis, une institution vieille de six siècles nichée au cœur de l'Isère, sont au bord du précipice. Le tribunal de commerce de Lyon doit se prononcer ce mardi sur l'avenir de l'entreprise, placée en redressement judiciaire depuis le 2 septembre. Une décision cruciale qui pourrait sonner le glas d'une activité industrielle historique et mettre 68 employés sur le carreau.
Un héritage industriel menacé
L'histoire de Bonpertuis remonte à 1434, lorsque des moines Chartreux y installèrent une forge. Au fil des siècles, l'activité s'est développée, portée par l'essor industriel du 19ème siècle. Un four datant de 1859, classé aux monuments historiques, témoigne encore de ce riche passé. Dans les années 80, l'aciérie employait près de 400 personnes, spécialisée dans le travail de l'acier, notamment pour la coutellerie.
Les causes d'un déclin
Aujourd'hui, les Aciéries de Bonpertuis sont confrontées à de graves difficultés. La perte de compétitivité face à la concurrence étrangère, la hausse du coût de l'énergie, la crise sanitaire, le manque de commandes et des erreurs stratégiques ont fragilisé l'entreprise. Le groupe Forlam, auquel elle appartient, est en quête d'un repreneur, mais les offres actuelles restent floues et incertaines.
L'espoir fragile d'une reprise
Deux pistes sont évoquées : une offre locale, axée sur l'activité de papeterie, qui permettrait de sauver quelques emplois, et une offre d'un industriel turc, client de l'entreprise. Si ce dernier a les capacités financières de reprendre Bonpertuis, son projet est jugé insuffisamment solide. L'incertitude plane donc sur l'avenir de l'aciérie et de ses employés, qui vivent dans la morosité et le fatalisme. "Cela fait mal de voir une histoire de 600 ans se terminer comme ça", confie Joseph, un employé de longue date.
La décision du tribunal de commerce est attendue avec anxiété. Elle déterminera si les Aciéries de Bonpertuis pourront surmonter cette crise et continuer à écrire leur histoire, ou si elles rejoindront la longue liste des entreprises françaises disparues.