Élections au Bihar : Le nationalisme éclipse-t-il les enjeux économiques ?
Alors que le Bihar se prépare pour ses élections à l'assemblée législative les 6 et 11 novembre, avec des résultats attendus le 14 novembre, l'État semble moins se concentrer sur la gouvernance que sur une démonstration de nationalisme. Ce qui aurait dû être un référendum sur la performance économique s'est transformé en un test de patriotisme. Le Premier ministre Narendra Modi a fait de la rhétorique anti-Pakistan la pièce maîtresse de sa campagne, remplaçant le débat politique par la peur et le spectacle au nom de la sécurité nationale.
Le pouvoir reste entre les mains de l'alliance Bharatiya Janata Party (BJP) – Janata Dal (United) [JD(U)] sous l'Alliance Démocratique Nationale (NDA), qui détient une mince majorité à l'assemblée de 243 membres. Pourtant, la frustration du public est profonde. La pauvreté, le chômage et l'effondrement des infrastructures restent des réalités déterminantes malgré des années de promesses de « vikas » (développement). Selon l'enquête périodique sur la population active (PLFS 2022-23), publiée le 12 mars 2025, le taux de chômage du Bihar s'élève à environ 3,9 %, légèrement supérieur à la moyenne nationale, tandis que le chômage des jeunes urbains dépasse 10 %. L'Indian Express (11 octobre 2025) a rapporté que près d'un tiers de la population en âge de travailler du Bihar est sous-employée ou contrainte d'émigrer pour travailler.
Une stratégie politique axée sur la survie
Derrière les slogans se cache une question de survie politique. Les discours de Modi invoquent régulièrement le Pakistan et les menaces à la sécurité, transformant l'attaque de Pahalgam en capital de campagne. Au lieu de s'attaquer à la paralysie économique persistante du Bihar, le BJP a refondu l'insécurité en identité et le nationalisme en gouvernance. Même la décision de la Commission électorale de réduire le scrutin à deux phases, contre cinq en 2015, signale un gouvernement plus préoccupé par l'image que par la responsabilité.
L'opposition reste fragmentée. Le Rashtriya Janata Dal (RJD) s'appuie sur son héritage de justice sociale, le Congrès national indien (INC) lutte pour rester pertinent, et le Jan Suraaj Party (JSP) cible les jeunes désabusés, les Dalits et les musulmans. Cependant, l'influence médiatique et l'infrastructure numérique du BJP...