La projection du film "Sacré-Cœur" à Marseille a déclenché une vive polémique, culminant avec une intervention de la justice. Initialement programmé dans un cinéma municipal, le film a été déprogrammé par la mairie, suscitant l'indignation et des recours juridiques.
La Mairie de Marseille Déprogramme le Film
La municipalité de Marseille, dirigée par Benoît Payan (divers gauche), a pris la décision de déprogrammer le film "Sacré-Cœur" du château de La Buzine, un cinéma géré directement par la ville. La raison invoquée était qu'un équipement public ne pouvait pas accueillir des projections de nature confessionnelle. La mairie s'est également appuyée sur des précédents, notamment le refus de la SNCF et de la RATP d'afficher la campagne du film, jugée incompatible avec la neutralité du service public.
La Justice Rétablit la Projection
Saisi en référé-liberté, le tribunal administratif de Marseille a ordonné au maire d'autoriser les dernières projections prévues initialement. La justice a estimé que la diffusion d'une œuvre susceptible de présenter un caractère religieux dans un cinéma municipal ne porte pas atteinte au principe de laïcité, à condition qu'elle n'exprime pas la reconnaissance d'un culte ou une préférence à l'égard de ce culte. Le tribunal a également souligné que le film n'avait pas bénéficié d'une tarification particulière, écartant ainsi l'idée d'une subvention.
En conséquence, la justice a conclu que la déprogrammation du film constituait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'expression, de création et de diffusion artistiques.
Réactions et Implications
Cette affaire soulève des questions importantes sur la liberté d'expression artistique et la laïcité. La décision de la justice met en lumière les limites de l'interprétation du principe de laïcité et rappelle l'importance de garantir la liberté de création artistique, même lorsque celle-ci aborde des thèmes religieux. L'affaire "Sacré-Cœur" à Marseille continue de susciter des débats et des réflexions sur l'équilibre entre la liberté d'expression et la neutralité des services publics.