Il y a des figures qui transcendent le temps et l'espace, et Eva Perón, affectueusement surnommée Evita, en est assurément une. Son histoire, marquée par la passion, le dévouement et une mort prématurée, continue de fasciner et d'inspirer. Mais au-delà de la légende, il y a l'histoire poignante de son corps, objet de profanations et d'occultations avant de retrouver enfin sa terre natale.
Le Retour tant Attendu
Le 17 novembre 1974, une date gravée dans la mémoire des Argentins, marqua le retour tant attendu des restes mortels d'Eva Perón. Après des années d'exil et de tribulations, son corps revint en Argentine, accueilli par une foule immense scandant : « Se siente, se siente, Evita está presente! » (On le sent, on le sent, Evita est présente!). Le cortège funèbre se dirigea vers la résidence présidentielle d'Olivos, où Juan Carlos Basile avait été spécialement mandaté par Juan Domingo Perón pour préparer une crypte dans la chapelle. C'est là, selon leur vœu, qu'Eva et Juan Domingo devaient reposer ensemble, jusqu'au coup d'État de 1976.
Un Corps Martyr
L'histoire du corps d'Eva Perón est aussi tragique que sa vie fut brillante. Après sa mort en 1952, son corps fut embaumé avec l'intention de l'exposer dans un monument grandiose. Cependant, le coup d'État de 1955 renversa Perón et le corps d'Evita fut volé et caché pendant des années, subissant des outrages inimaginables. Ce n'est que bien plus tard qu'il fut retrouvé et restitué à sa famille.
Un Symbole Indélébile
Eva Perón reste un symbole puissant en Argentine. Son engagement envers les démunis, sa lutte pour les droits des femmes et son amour passionné pour son pays ont fait d'elle une figure emblématique du péronisme. Son héritage continue d'inspirer des générations d'Argentins, et son retour en Argentine fut un moment de deuil national. Comme le soulignait Nery Tamborini, « Nous, les péronistes, savons très bien ce qu'elle signifiait pour notre leader et pour le mouvement argentin des femmes du peuple... elle n'a jamais renié son humble origine, mais en a été la porte-drapeau, luttant à leurs côtés, les déshérités, en honorant ceux qui travaillent, car selon elle, la Patrie est construite par ceux qui travaillent. »