C'était un projet ambitieux, un rêve presque prométhéen : créer un cœur artificiel capable de remplacer l'organe humain et de pallier la pénurie de greffes. En 2008, Carmat voyait le jour, porté par cet espoir. Mais aujourd'hui, la réalité est cruelle : l'entreprise est au bord de la liquidation.
Un Jugement Imminent
Le tribunal de commerce de Versailles doit examiner ce mardi 14 octobre une requête de liquidation. L'issue semble inévitable, marquant la fin d'une saga industrielle française.
La Fin d'un Espoir
Le 30 septembre 2025, le couperet est tombé. Le tribunal de commerce a confirmé l'absence de repreneur pour Carmat. La dernière offre de sauvetage a été retirée, laissant l'entreprise sans solution. Une ultime audience est prévue pour examiner la liquidation judiciaire : la société sera dissoute et ses actifs dispersés pour rembourser les créanciers.
Réactions et Conséquences
Stéphane Piat, le directeur général, a exprimé sa « grosse gâchis » et son « immense frustration ». Les 138 salariés du site de Bois-d’Arcy voient leurs espoirs s'évanouir. Pierre Bastid, président du conseil d'administration et actionnaire à 17 %, a renoncé à sauver l'entreprise, faute de fonds suffisants. Son engagement d'injecter 150 millions d'euros sur cinq ans n'a pas pu être honoré.
Après dix-sept ans d'existence et 550 millions d'euros engloutis, le rêve du cœur artificiel français semble s'éteindre. L'avenir des patients qui comptaient sur cette technologie reste incertain. Cette faillite soulève des questions sur le financement de la recherche médicale et les défis de l'innovation dans le secteur de la santé.