Le monde du cinéma est en deuil. Peter Watkins, réalisateur britannique engagé et novateur, est décédé le 31 octobre à Bourganeuf (Creuse) à l'âge de 90 ans. Connu pour son style unique mêlant documentaire et fiction, il a marqué le cinéma par son approche critique et son engagement politique.
Un Cinéaste Engagé et Rebelle
Watkins était un véritable agitateur, un trublion qui n'hésitait pas à déranger. Ses films, souvent controversés, remettaient en question l'objectivité des médias et les représentations du réel. Il a été salué par des figures telles que Jean Rouch, John Lennon, Enki Bilal et José Bové, qui reconnaissaient son talent et son audace.
Né en 1935, Watkins s'est d'abord intéressé à une carrière militaire avant de se tourner vers le cinéma. Ses premiers courts métrages amateurs, réalisés en 8 mm, ont rapidement attiré l'attention. Son premier film professionnel, La Bataille de Culloden (1964), qui relate le massacre des Highlanders écossais par les Britanniques, a été acclamé par la critique.
De l'Oscar à l'Exil : Un Parcours Hors du Commun
C'est avec La Bombe (The War Game), un faux documentaire glaçant sur les conséquences d'une guerre nucléaire, que Watkins a obtenu une reconnaissance internationale et un Oscar en 1967. Cependant, ses prises de position et son style subversif lui ont valu de nombreuses critiques et l'ont conduit à s'exiler en Suède, aux États-Unis et en Lituanie avant de finalement s'installer en Creuse, où il a vécu discrètement pendant plus de vingt ans.
- La Bataille de Culloden (1964)
- La Bombe (The War Game) (1967)
- La Commune (Paris, 1871) (2000)
Son œuvre reste une source d'inspiration pour de nombreux cinéastes engagés et continue de susciter le débat sur le rôle du cinéma dans la société.
Luc Béraud, réalisateur résidant également en Creuse, lui a rendu hommage, soulignant son respect pour ses idées et ses engagements, et la force de son cinéma d'intervention.